Chantiers abandonnés : l’État veut sévir, mais que fera-t-il du stade Omnisport ?

Dans son discours à la Nation du 16 août 2026, à la veille de l’Indépendance, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé vouloir s’attaquer aux bâtiments et chantiers abandonnés qui dégradent l’image de Libreville. Une annonce qui interpelle directement le monde sportif : qu’en est-il des infrastructures sportives publiques laissées en attente pendant des années ? Le stade Omnisports, dont la rénovation a mobilisé d’importantes ressources de l’État, apparaît comme l’un des cas les plus évidents.
Le stade Omnisports, symbole d’un chantier qui s’éternise
À Libreville, difficile de parler de chantier public abandonné sans évoquer le stade Omnisports. Située dans le secteur d’Akébé, cette enceinte fait partie du patrimoine sportif gabonais. Pourtant, sa rénovation est devenue au fil des années l’un des exemples les plus visibles des difficultés du pays à mener certains grands projets jusqu’à leur terme.
Les travaux ont connu plusieurs interruptions et relances. Une nouvelle tentative avait notamment été engagée dans le contexte de la CAN 2017, mais près d’une décennie plus tard, le stade n’a toujours pas retrouvé sa pleine fonctionnalité.
Des milliards de francs CFA ont été mobilisés par l’État pour sa rénovation, sans que les Gabonais puissent aujourd’hui bénéficier pleinement de l’équipement.
Une exigence qui doit fonctionner dans les deux sens
Le président de la République rappelle que les propriétaires ont des droits, mais aussi des obligations envers la collectivité. Une exigence qui pose une question de cohérence : si un chantier abandonné est considéré comme un problème lorsqu’il appartient à un particulier, qu’en est-il lorsqu’il relève de l’État ? Et qui répond des projets publics restés inachevés malgré les sommes engagées ?
Le stade Omnisports dépasse ainsi le simple cadre sportif. Il peut devenir un test de cette volonté d’assainir l’image de Libreville. Si le Gabon veut se doter d’infrastructures à la hauteur de ses ambitions sportives et accueillir de grands événements, l’État devra aussi apporter des réponses concrètes sur ses propres chantiers.



